Associations, grandes causes, ONG : quelles relations avec les blogs et les blogueurs?
Cela fait quelques temps que je réfléchi au sujet de l’évolution de la communication online pour le secteur non-marchand et notamment à l’utilisation des médias sociaux.C’est d’ailleurs un sujet sur lequel j’échange aussi régulièrement avec des professionnels du secteur (notamment Thomas de la plateforme Solidaires du Monde qui suite à cet article a rédigé une très bonne note : Associations, ONG et adaptation au social media qui vient compléter celle-ci et que je vous conseille de lire).
Il semblerait que du côté des réseaux sociaux, les associations aient largement sauté le pas, même si beaucoup n’y sont pas encore présentes ou y s’expriment encore timidement. Mais je réfléchissais plus particulièrement aux blogs et aux blogueurs et à la relation qu’elles pouvaient nouer avec eux.
Mon sentiment est que, contrairement aux marques, qui vont inonder les boîtes mails et formulaires de contacts des blogueurs (en étant parfois complètement hors-sujet par rapport aux thèmes traités sur leurs blogs, si si ça arrive !), les associations n’osent pas (ou ne savent pas trop comment ?) faire cela.
D’ailleurs si je regarde simplement l’exemple de mon blog et de ses thématiques (plutôt orientées secteur non-marchand) : sur les sollicitations régulières que je reçois, seulement deux viennent d’associations. (La deuxième est arrivée ce matin et je dois dire que j’ai été agréablement surprise parce que pour une fois c’était assez bien fait.)
Il est vrai que certaines grandes causes et grandes associations s’y sont déjà mises, mais j’ai l’impression que cela reste encore une minorité. Alors je vous donne ici mon avis de blogueuse :
- Je pense que les associations ont intérêt à entrer en contact avec les blogueurs, elles seront de toute façon bien reçues, à priori,
- Les blogueurs seront ravis de pouvoir aider une cause dans son combat (d’ailleurs les valeurs d’entraide et de solidarité défendues par les associations s’accordent mieux avec les pratiques des médias sociaux que le fait de faire de la pub pour une marque),
- Le message aura des chances d’être transmis au sein de la communauté du blogueur et ainsi vous augmentez la visibilité de votre message
- Les budgets des associations étant très limités, il ne faut pas négliger ce canal de diffusion et de communication très peu onéreux…
Oui mais alors quelles relations avoir avec les blogueurs ?
Tout d’abord il me semble primordial de bien les identifier et de ne pas inonder la blogosphère, ensuite il est important de les contacter de façon personnalisée.
Un autre point essentiel, à mon avis, est de savoir maintenir une relation dans la durée. Le community management est en train de se développer dans le secteur non-marchand aussi (d’ailleurs j’ai quelques interviews de community managers d’assos qui vont arriver sur le blog) et il est important aujourd’hui de se bâtir une vraie communauté de relais d’opinions autour de sa cause et de construire une vraie relation avec eux. Pour cela, je pense également que les associations pourraient envisager de faire comme les marques et aller à la rencontre des blogueurs (je ne suis pas sûre que beaucoup le fassent à l’heure actuelle) au lieu de simplement leur envoyer des messages, une façon de fédérer sa communauté et aussi de renforcer la qualité du message qui sera relayé : un point essentiel lorsqu’on parle de sujets parfois complexes, (pourquoi pas organiser des rencontres avec des bénévoles de l’association, avec des personnes qui travaillent sur le terrain …).
En ce qui concerne l’idée de faire un blog, je suis assez d’accord avec l’article récent de Sacha Declomesnil qui nous dit que certaines associations auraient elles-même intérêt à réaliser leur propre blog afin d’assurer des remontées régulières d’informations. Il est clair que cela a un intérêt et une des solutions seraient de s’appuyer sur leurs ressources bénévoles (ou pourquoi pas demander à des blogueurs de leur communauté de contribuer et les aider de temps en temps!).
Bref, beaucoup de choses sont encore possibles! Mais je terminerais en disant que selon moi il faut tout de même utiliser ces nouveaux médias avec une grande attention, que ce n’est pas parce que c’est la tendance du moment qu’il faut absolument être partout et qu’il faut, à mon sens, bien réflêchir à sa stratégie en amont (pourquoi on y va, pour toucher qui, avec quels objectifs, avec quel message …). Cela demande beaucoup de temps et peut être source de difficultés en terme de gestion des contenus, des discussions et échanges, et de mise à jour (comme l’a montré l’exemple de Tyrannybook pour Amnesty Portugal ) en particulier pour des structures associatives.
(Bien sûr cet article ne reflète que mon point de vue, je serais donc ravie de pouvoir connaître le vôtre et d’échanger à ce sujet. De même si vous avez des exemples ou témoignages concernant le thème abordé dans cet article n’hésitez pas à laisser des commentaires !)
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Mots-clefs :blogs, grande cause, ONG, réseaux sociaux

Dans la même idée : pourquoi ne pas aller plus loin avec les internautes, et pas uniquement les « blogueurs influents » … Les ONG ont sans doute à gagner à ouvrir leur communication on-line à public qui les soutient => web-bénévolat, qui peut prendre des formes très diverses (de greenpeace, réseaux de militants politiques, ect …)
Exactement, il s’agissait là de faire le point sur les blogueurs. Mais je suis d’accord, dans cette logique les associations pourraient déployer leur communication online en s’appuyant sur les internautes notamment via les réseaux sociaux, ce qui se fait déjà par ailleurs, mais elles pourraient peut-être d’avantage impliquer leurs communautés (comme les fans de leurs pages facebook) ou le web bénévolat comme tu le mentionnes ( un bon exemple aussi c’est celui de la Croix-Rouge qui compte 3000 web bénévoles).
Bonjour Aurelia et merci pour ton article,
J’ai fait un article inspiré de ta note.
Merci Aurelia de m’avoir inspiré ces remarques.
A bientôt.
aurélia,
top ton blog et tes actions sur le web social !
juste 2 trucs rapidement :
1) sacha a toujours raison
2) les relations blogueurs, c’est pas des RP ni de la promo, c’est autre chose donc ça doit être le fait ni des marketeurs, ni des attaché(e)s de presse
je sais que tu le sais
fred
Merci Fred !
Et oui je ne l’ai pas précisé mais c’est vrai, les relations blogueurs c’est quelque chose à part. D’ailleurs pour moi il est clair que ce n’est ni des RP ni de la promo car je pense que ça devient vraiment intéressant lorsqu’on est dans un vrai dialogue, un échange et que les blogueurs apportent eux aussi leurs conseils, leur avis … on est dans une relation à double sens. Enfin c’est plutôt comme cela que je vois le choses, et ceci est sûrement plus vrai pour le milieu associatif.
Bonsoir,
Article intéressant et dans l’air du temps en ce qui concerne l’appropriation du secteur non marchand de ces nouveaux outils si « étranges » qui gravitent autour du 2.0
La plus grosse difficulté que je vois à sauter le pas des blogs et autres merveilleux outils, c’est la capacité à produire un message différent de la ligne officielle. Aller sur twitter, bloguer ou facebooker n’a d’intérêt, à mes yeux, que si il y a un plus à apporter par rapport à une lettre d’information (newsletter)… On pourrait résumer en disant « passer du web 1 au web 2″. Quelles marges de liberté la structure laisse à son « gestionnaire 2.0″ pour exposer les lignes politiques de son intervention sur les réseaux ? C’est bien la difficulté de tout organisme, marchand ou non, d’exprimer autre chose que sa propre ligne !
Pour gérer la présence d’acteurs de l’ESS sur la toile à leur place, nous savons bien qu’il est compliqué (et donc risqué !) de parler « à la place de » quand ce n’est pas l’info officielle 20 fois validée en interne, du resp comm au président… Et c’est assez normal en soi…
Ceci, mélangé à une mauvaise appropriation des outils 2.0, on peut comprendre aisément qu’aller vers des bénévoles relais virtuels peut paraitre encore un peu compliqué. Nous commençons juste à le faire pour certains, tentant de rentrer en relation avec des blogs intéressants pour descendre/remonter de l’info sur une thématique.
Pas simple…
Guillaume
Bravo ! Mais je pense que vous faites bien de préciser à la fin qu’il faut agir avec précaution et continuité dans la durée. En effet, parce que les médias sociaux sont à la mode, beaucoup se jettent dessus sans prendre la mesure des défis et difficultés qu’ils vont rencontrer, polluant ainsi le travail serieux des autres (je ne suis pas nécessairement de ceux-là). Ainsi il devient parfois laborieux de faire le tri parmi tout ceux qui sont ici par mode et qui décribilisent leur cause.